Le lai du chèvrefeuille

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Le lai du chèvrefeuille
poème de Marie de France
poétesse Anglo-Normande – 1160-1210

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Il me plaît assez, et je veux bien;
à propos du lai qu’on nomme Chèvrefeuille,
vous en dire la vérité.
Pourquoi il fut fait, comment, et en quelles circonstances.
Plusieurs m’en ont conté et dit…

Tristan est dolent et mélancolique,
pour cette raison il quitte son pays.
Il va tout droit là où se trouvait la reine.
Il se mit tout seul dans la forêt,
il ne voulait pas que personne le voie.

Il se logeait la nuit
avec des paysans, des pauvres gens.

Le jour où le roi se mit en route,
Tristan revint du bois.
Sur le chemin où il savait
que devait passer le cortège,
il trancha une branche de coudrier par le milieu,
et le fendit de manière à lui donner une forme carrée.
Quand il eut préparé le bâton,
avec son couteau il écrivit son nom.
Si la reine le remarque –
Qui y prenait bien garde –
Elle connaîtra bien le bâton
de son ami en le voyant.
Telle fut la teneur de l’écrit
qu’il lui avait dit et fait savoir :

Comme du chèvrefeuille
qui s’attachait au coudrier
une fois qu’il s’y est attaché et en lacé,
et qu’il s’est enroulé tout autour du tronc…

« Belle amie, ainsi est-il de nous :
Ni vous sans moi, ni moi sans vous. »

La reine va chevauchant.
Elle regarda le talus d’un côté du chemin,
vit le bâton, l’identifia bien,
elle en reconnut tous les signes.

Elle s’éloigna un peu du chemin,
dans le bois elle trouva celui
qu’elle aimait plus qu’aucun être vivant.

Ils se font fête tous les deux.
Il parla avec elle à son gré,
et elle lui dit ce qu’elle voulait.

Mais quand vint le temps de se séparer,
ils commencèrent alors à pleurer.

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Traduction faite par Anne Berthelot

chromo-oiseau-couronnc3a9-ana-rosa1Le jeudi poésie chez Asphodèle

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20 réflexions au sujet de « Le lai du chèvrefeuille »

  1. Pour la traduction, pas terrible au niveau de la concordance des temps (enfin à l’oreille, il faudrait demander à So^^) sinon quelle belle histoire romantique à souhait… une histoire que seules les conteuses (et les comtesses) connaissent et nous en parlent le soir au coin du feu ! Et je sens l’odeur du chèvrefeuille à travers mon écran, que j’aime cette fleur, la photo est superbe ! Merci pour cette découverte, je ne connaissais vraiment pas ! 😀

    • C’est l’histoire de Tristan et Yseult. C’est vrai que les sonorités ne sont pas comme on les attend… mais il faut dire que c’est traduit d’une langue du XIIème siècle.
      Le parfum du chèvrefeuille est entêtant en ce moment. Que ses effluves arrivent jusqu’à chez toi…

  2. Les Amoureux sont pleins de jolies ruses pour se retrouver 😆
    Belle évocation parfumée
    Bon we les Conteuses et bises de Lyon

    • Domi, il est vrai que les senteurs varient selon la chaleur ou l’humidité. Il est à son avantage le matin et le soir.
      Nous n’avons pas terminé la balade poétique, nous allons bientôt venir te rendre visite…
      A très vite

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