Ode à ma femme quilteuse

chromo-oiseau-couronnc3a9-ana-rosa1La poésie du jeudi avec Asphodèle

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Ce mardi, nous avons accueilli deux nouvelles amies. Elles sont venues avec leurs ouvrages mais aussi avec un poème qui nous a fait toutes sourire. Cela raconte le désespoir d’un mari… c’est du vécu ! Pauvre anonyme… nous compatissons !

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Ode à ma femme quilteuse
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Elle apprit à faire du patch le lundi,
Ses points étaient tous très petits.
Elle en oublia de décongeler le dîner,
Aussi nous allâmes dîner à l’extérieur.

Elle fit des miniatures le mardi.
Elle dit que c’était en plus.
Elles étaient réellement très belles,
Mais elle en oublia de faire la poussière.

Mercredi, c’était un sampler.
Elle adorait le pointillisme.
Que d’ombres et de lumières !
Mais la lessive ne fut pas faite.

Le jeudi, ses patchs étaient
Verts, jaunes, bleus et rouges.
A mon avis, elle était vraiment absorbée :
Elle ne fit jamais le lit.

C’était un panneau mural le vendredi,
Dans ses couleurs préférées.
Cela ne la gênait pas du tout :
Les miettes restèrent au sol.

J’ai trouvé une servante le samedi,
Ma semaine était terminée.
Ma femme pouvait faire du patchwork,
Des heures durant.
La maison serait propre.

Bien… c’est dimanche.
Je pense que je suis sur le point de craquer.
Je suis maudit, je divague, je tempête.
La servante a appris à faire du… patchwork.

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Vous trouverez les poésies du jeudi chez… Asphodèle, Soène, Valentyne, Les Sorcières, Nadael, Sandrion, ClaudiaLucia, Modrone, Mic-Mélo

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L’ange de Noël

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L’ange de Noël

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« Quand viendra Noël, fête désirée, voilà mon enfant ce que tu feras.
Tu mettras le soir dans la cheminée, ton petit soulier. Puis tu t’endormiras.

L’ange tutélaire, le même qui vint encore l’an dernier, descendra pour toi sur terre et remplira ton petit soulier.
Joyeuse, je fis ce que dit ma mère. Je plaçais bien mon soulier le soir.
Je ne dormis pas la nuit entière, guettant l’ange désiré que je voulais voir.
Quand sonna minuit, ma mère chérie, sur mon front d’enfant, mit un long baiser.
Puis, croyant alors voir sa fille endormie, se mit à remplir le petit soulier.
Je sentis des larmes mouiller mes paupières.
Je pleurais longtemps, sans savoir pourquoi.
Près de moi, debout se tenait ma mère, l’ange de Noël était devant moi.

A mes souvenirs, que cette nuit est chère.
Jamais, je ne saurais l’oublier.
Bien heureux l’enfant dont la bonne mère est là, pour remplir le petit soulier. »

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Récit conté par une très vieille dame corse,
auteur inconnu
Calenzana

chromo-oiseau-couronnc3a9-ana-rosa1Les jeudis poétiques d’Asphodèle

D’autres poèmes chez Asphodèle, Valentyne, Nadael, Jacou33, Modrone, Dimdamdom, Les Sorcières

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Mangez-moi, mangez-moi…

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Un après-midi d’automne
On avait trouvé un moyen de locomotion
Alors on est parti à la cambrousse
Les champs étaient humides et suffisamment acides
C’était le bon moment pour aller cueillir des champignons

(Refrain:)
Mangez-moi ! Mangez-moi ! Mangez-moi !
C’est la chant du psylo qui supplie
Qui joue avec les âmes
Et ouvre les volets de la perception

Il pleuvait beaucoup ce jour là IMGP4277
Heureusement on avait des capuches
Et surtout des pochons solides
Là-bas des vaches nous regardaient
D’un air complice et détendu
Y’avait plus qu’à s’y mettre
Pour assurer la cueillette

Est-ce que c’est un bon ?
Mais non c’est pas un bon
Car y’a pas de téton
Et puis il est trop plat
Il a pas la bonne couleur
Ne nous décourageons pas
Ouvrons les oreilles et écoutons
 
O toi, tu marches comme un canard
Mais c’est mieux pour le voir
Oh, putain j’ai mal au dos
Y faudrait un détecteur
Tiens voilà un mégot d’pétard
Ça doit être un très bon champ
Ou alors y’en a qui sont passés déjà
Et sûrement qu’ils ont tous raflé

C’coin là c’est sûr il est connu IMGP4278
Putain franchement comment veux-tu
Maintenant il est trop tard
On est bien avancé
On a les pieds tous mouillés

Plutôt que de m’écraser
Pourquoi ne pas me manger

Un après-midi d’automne
On avait trouvé un moyen de locomotion
Alors on est parti à la cambrousse
Les champs étaient humides et suffisamment acides
C’était le bon moment pour aller cueillir des champignons

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« Mangez-moi ! » chanson de Billy Ze Kick

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D’autres poèmes chez Asphodèle, Les sorcièresValentyne, Soène, Nadael, Modrone

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Le lai du chèvrefeuille

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Le lai du chèvrefeuille
poème de Marie de France
poétesse Anglo-Normande – 1160-1210

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Il me plaît assez, et je veux bien;
à propos du lai qu’on nomme Chèvrefeuille,
vous en dire la vérité.
Pourquoi il fut fait, comment, et en quelles circonstances.
Plusieurs m’en ont conté et dit…

Tristan est dolent et mélancolique,
pour cette raison il quitte son pays.
Il va tout droit là où se trouvait la reine.
Il se mit tout seul dans la forêt,
il ne voulait pas que personne le voie.

Il se logeait la nuit
avec des paysans, des pauvres gens.

Le jour où le roi se mit en route,
Tristan revint du bois.
Sur le chemin où il savait
que devait passer le cortège,
il trancha une branche de coudrier par le milieu,
et le fendit de manière à lui donner une forme carrée.
Quand il eut préparé le bâton,
avec son couteau il écrivit son nom.
Si la reine le remarque –
Qui y prenait bien garde –
Elle connaîtra bien le bâton
de son ami en le voyant.
Telle fut la teneur de l’écrit
qu’il lui avait dit et fait savoir :

Comme du chèvrefeuille
qui s’attachait au coudrier
une fois qu’il s’y est attaché et en lacé,
et qu’il s’est enroulé tout autour du tronc…

« Belle amie, ainsi est-il de nous :
Ni vous sans moi, ni moi sans vous. »

La reine va chevauchant.
Elle regarda le talus d’un côté du chemin,
vit le bâton, l’identifia bien,
elle en reconnut tous les signes.

Elle s’éloigna un peu du chemin,
dans le bois elle trouva celui
qu’elle aimait plus qu’aucun être vivant.

Ils se font fête tous les deux.
Il parla avec elle à son gré,
et elle lui dit ce qu’elle voulait.

Mais quand vint le temps de se séparer,
ils commencèrent alors à pleurer.

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Traduction faite par Anne Berthelot

chromo-oiseau-couronnc3a9-ana-rosa1Le jeudi poésie chez Asphodèle

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La petite couturière

 femme-cousant-19e-siecle-anonyme-louvreLa petite couturière
de Maurice Rollinat

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Elle s’en vient à travers champs,
Le long des buissons qui renaissent
Pleins de murmures et de chants ;
Elle s’en vient à travers champs.
Là-bas, sur les chaumes penchants,
Mes yeux amis la reconnaissent.
Elle s’en vient à travers champs,
Le long des buissons qui renaissent.

Elle arrive et dit ses bonjours
Sans jamais oublier la bonne :
Timidement, comme toujours,
Elle arrive et dit ses bonjours.
C’est l’ange de bien des séjours,
Elle est si jolie et si bonne !
Elle arrive et dit ses bonjours.
Sans jamais oublier la bonne.

La voilà donc tirant son fil,
Assise devant la croisée !
Délicieuse de profil,
La voilà donc tirant son fil.
Aux rayons d’un soleil d’avril
La vitre miroite irisée.
La voilà donc tirant son fil,
Assise devant la croisée.

Ses doigts rompus aux longs fuseaux,
Coudraient une journée entière.
Ils sont vifs comme des oiseaux
Ses doigts rompus aux longs fuseaux.
Comme ils manœuvrent les ciseaux
Qui pendent sur sa devantière !
Ses doigts rompus aux longs fuseaux
Coudraient une journée entière.

Elle sait couper un gilet
Dans une vieille redingote,
Et ravauder un mantelet ;
Elle sait couper un gilet.
Pour la boutonnière et l’ourlet,
Que de tailleurs elle dégote !
Elle sait couper un gilet
Dans une vieille redingote !

Elle coud du vieux et du neuf,
Elle repasse et rapiécette,
Draps de coton et draps d’Elbeuf,
Elle coud du vieux et du neuf.
Comme elle fait courir son œuf
De bois peint dans une chaussette !
Elle coud du vieux et du neuf,
Elle repasse et rapiécette !

Quand le déjeuner est servi,
Ce n’est pas elle qui lambine !
Pour moi, je m’attable ravi,
Quand le déjeuner est servi.
Et nous dévorons à l’envi !
Adieu bouquin ! adieu bobine !
Quand le déjeuner est servi,
Ce n’est pas elle qui lambine.

Enfin ! promenades ou jeu !
Sa récréation commence,
Ensemble nous sortons un peu ;
Enfin ! promenades ou jeu !
— Dans les taillis, sous le ciel bleu,
Le rossignol dit sa romance
Enfin ! promenades ou jeu !
Sa récréation commence.

Nous allons voir les carpillons
Au bord de l’étang plein de rides,
Et que rasent les papillons.
Nous allons voir les carpillons ;
Le soleil emplit de rayons
Son beau petit bonnet sans brides.
Nous allons voir les carpillons
Au bord de l’étang plein de rides.

Quand on a rangé le dressoir,
Elle se remet à mes nippes.
Alors, en voilà jusqu’au soir,
Quand on a rangé le dressoir.
Auprès d’elle je vais m’asseoir
Et jaser en fumant des pipes.
Quand on a rangé le dressoir
Elle se remet à mes nippes.

Je lui fais chanter de vieux airs
Qui me rappellent mon enfance,
Quand j’errais par les champs déserts !
Je lui fais chanter de vieux airs.
Et nous causons ! rien dans mes airs,
Ni dans mes termes qui l’offense.
Je lui fais chanter de vieux airs
Qui me rappellent mon enfance.

Ses histoires de revenant
Me font peur ! je le dis sans honte.
Je les écoute en frissonnant,
Ses histoires de revenant,
C’est toujours drôle et surprenant,
Les choses qu’elle me raconte :
Ses histoires de revenant
Me font peur ! je le dis sans honte.

Et la mignonne disparaît
Comme on allume la chandelle !
Elle quitte son tabouret ;
Et la mignonne disparaît.
« Bonsoir ! dit-elle, avec regret.
— A bientôt ! ma petite Adèle ! »
Et la mignonne disparaît
Comme on allume la chandelle !

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chromo-oiseau-couronnc3a9-ana-rosa1Dans le cadre du rendez-vous « Le jeudi poésie » d’Asphodèle

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La petite couture

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La petite couture
Une chanson de Frank Thomas et Gérard Bretty

 

Sur la mauvaise table
Dans l’arrière-cuisine
Près des chaudrons de cuivre
De l’ail, des aubergines.
Anna fait de grands ourlets
Des petits points de croix
Avec un dé d’argent
Sur le troisième doigt.

La petite couture,
Anna s’en occupait
Que sa main était sûre
Elle vous émerveillait.
La petite couture…

Le mariage des filles donne bien du travail
Un trousseau a besoin de combien d’initiales ?
Les oreillers devaient durer au moins deux vies
Anna usait ses yeux pour moins de trois louis.

La petite couture
La tenait éveillée,
Malgré les engelures
Et les bols de café,
La petite couture…

Son homme, le Julien,
Bûcheron au pays
N’a laissé qu’une montre
Achetée à Paris.
S’est abattu un jour
Un arbre foudroyé
Vers la forêt en fleur
Anna n’est plus montée.

La petite couture
Lui consolait le cœur.
Chacun de ses murmures
Était de son bonheur.
Les pantalons du maître,
Les vestes de velours,
Les rideaux aux fenêtres
Avec leurs grands ajours,
La maîtresse voulait
De l’ouvrage soigné.
Quand la servante est morte,
Le maître n’a pas pleuré.

On n’a pas touché le bras
Coupé aux justes mesures
Qu’il fallait pour Anna.
La petite couture
Est auprès du bon Dieu.
En bas, le maître jure
« Je n’ai qu’un bouton sur deux ! »

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chromo-oiseau-couronnc3a9-ana-rosa1Dans le cadre du rendez-vous « Le jeudi poésie » d’Asphodèle

D’autres poésies chez Asphodèle, Valentyne, Nelinha, Lili, Marie et Anne, Soène, Dan Gazénia, Jacou, Jean-Charles, Modrone, Natiora, Nadael, Nadine, LylouAnne, Domi, ClaudiaLucia, Mango et Fransoaz.

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Ma petite couturière

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Ma petite couturière
Une chanson de Damien Saez

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Ma petite couturière, elle est pas haute couture,
mais faut voir quand elle coud des ourlés à mon cœur.
Ma petite couturière, elle connaît les mesures,
de mon cœur éperdu, là, dans la fourmilière.

Des trous dans les tricots, et les bas qui s’effilent,
au fil du temps tu vois passer sur la machine.
Fini les travailleuses, bonjour les plasticiennes,
l’heure est aux dépensières, aux abeilles en guêpières.

Faut jeter les bobines, oui le film est fini,
du temps des gabardines, faut laisser ton boulot
pour d’autres ouvrières, pour d’autres solidaires,
dans d’autres fourmilières, à d’autres couturières.
Y a des œillets perdus, pendants aux boutonnières,
quand les points de couture, tournent au point de suture.

En ligne les brodeuses, c’est le temps des chômeuses,
c’est l’heure de rendre la blouse, de tremper les mouchoirs.
Habillez les jupons, sûr en fichu des pailles,
puisque tous les patrons, nous laissent sur la paille.

Ma petite couturière, elle est pas haute couture,
elle est prête à porter, le monde à bout de bras.
Ma petite couturière, elle connaît les mesures,
de mon cœur éperdu, là, dans la fourmilière.

Fini le temps des cerises, des écharpes pour deux,
dire que même à l’usine, il faudra dire adieu.
Merci bien mon bon maître, merci bien mon monsieur,
de m’en donner toujours de quoi pisser par les yeux.
Ils ne parlent pas pour nous, ils nous vendent l’âme et c’est tout,
ils sont bons qu’à promettre, et nous bons qu’à nous faire mettre.

Ouais l’aiguille s’est plantée, dans le cœur des copines,
jetez les dès à coudre, l’avenir s’est cassé.
Les lacets à nos cœurs, les chaînes à nos chevilles,
fini les fleurs en bouton, planquées dans les bustiers.

Ma petite couturière, elle est pas haute couture,
mais faut voir quand elle coud des ourlés à mon cœur.
Ma petite couturière, elle connaît les mesures,
de mon cœur éperdu, là, dans la fourmilière.
De mon cœur éperdu, là, dans la fourmilière.

Ma petite couturière
Ma petite couturière
Ma petite couturière
Ma petite couturière
Ma petite, ma petite,
Ma petite couturière !

Ouvriers, l’ombre est le cœur de nos vies qu’on a laissées saigner dans le fond des gouttières,
Toujours sur les avenues, les révolutionnaires tendent la main à des gens qui n’en pensent pas moins.
Toujours sur le métal hurlant des machines, à l’usine elle retourne au charbon
Elle retourne à la mine ma jolie figurine, elle rassemble et ressert les boulons.
Elle est pas haute couture, elle est prête à porter le monde à bout de bras.
Ma petite ouvrière, là, dans la fourmilière, elle retourne à la lutte.

Puisque tout tourne ici :
oui, oui, à la folie !
Puisque tout tourne ici :
oui, oui, à la folie,
oui, oui, oui, à la folie, à la folie,
oui, oui, oui, à la folie, à la folie…
Dans le suppôt bourgeois, si c’est plutôt Versailles,
qui fait la rébellion, rock’n’roll de grand-mère,
ouais, si c’est pas l’époque, où rêvent des camarades,
Ô solidaire ami, si c’est pas la tendance,
si l’époque est fashion, tous les soirs au charbon,
quand ça sent la misère, moi c’est vrai que j’préfère
toujours sur la machine, ma petite couturière,
elle ressert les boulons.
Dire qu’on en vient à r’gretter, le travail à la chaîne,
pour des pays plus chauds, pour des pays moins chers,
pour des pays plus beaux

Ouvrière s’est perdue, cherche reconversion,
le patron a fermé, tous les champs de coton !
Le patron a fermé, tous les champs de coton !
Le patron, le patron, le patron.
Ouais eh eh eh eh…

.chromo-oiseau-couronnc3a9-ana-rosa1Dans le cadre du rendez-vous « Le jeudi poésie » d’Asphodèle

D’autres poèmes chez Asphodèle, Nélinha, Valentyne, Marie et Anne, Natiora, Lili, Béné31, Jacou33, Soène, Dan Gazénia, Jean-Charles, Modrone, LylouAnne, Aymeline, Domi,

Atelier de couture chez la maison Drecoll
par Brindeau de Jarny
Source « ici »

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