La petite couture

Couturière2
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La petite couture
Une chanson de Frank Thomas et Gérard Bretty

 

Sur la mauvaise table
Dans l’arrière-cuisine
Près des chaudrons de cuivre
De l’ail, des aubergines.
Anna fait de grands ourlets
Des petits points de croix
Avec un dé d’argent
Sur le troisième doigt.

La petite couture,
Anna s’en occupait
Que sa main était sûre
Elle vous émerveillait.
La petite couture…

Le mariage des filles donne bien du travail
Un trousseau a besoin de combien d’initiales ?
Les oreillers devaient durer au moins deux vies
Anna usait ses yeux pour moins de trois louis.

La petite couture
La tenait éveillée,
Malgré les engelures
Et les bols de café,
La petite couture…

Son homme, le Julien,
Bûcheron au pays
N’a laissé qu’une montre
Achetée à Paris.
S’est abattu un jour
Un arbre foudroyé
Vers la forêt en fleur
Anna n’est plus montée.

La petite couture
Lui consolait le cœur.
Chacun de ses murmures
Était de son bonheur.
Les pantalons du maître,
Les vestes de velours,
Les rideaux aux fenêtres
Avec leurs grands ajours,
La maîtresse voulait
De l’ouvrage soigné.
Quand la servante est morte,
Le maître n’a pas pleuré.

On n’a pas touché le bras
Coupé aux justes mesures
Qu’il fallait pour Anna.
La petite couture
Est auprès du bon Dieu.
En bas, le maître jure
« Je n’ai qu’un bouton sur deux ! »

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chromo-oiseau-couronnc3a9-ana-rosa1Dans le cadre du rendez-vous « Le jeudi poésie » d’Asphodèle

D’autres poésies chez Asphodèle, Valentyne, Nelinha, Lili, Marie et Anne, Soène, Dan Gazénia, Jacou, Jean-Charles, Modrone, Natiora, Nadael, Nadine, LylouAnne, Domi, ClaudiaLucia, Mango et Fransoaz.

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Ma petite couturière

atelier couture

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Ma petite couturière
Une chanson de Damien Saez

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Ma petite couturière, elle est pas haute couture,
mais faut voir quand elle coud des ourlés à mon cœur.
Ma petite couturière, elle connaît les mesures,
de mon cœur éperdu, là, dans la fourmilière.

Des trous dans les tricots, et les bas qui s’effilent,
au fil du temps tu vois passer sur la machine.
Fini les travailleuses, bonjour les plasticiennes,
l’heure est aux dépensières, aux abeilles en guêpières.

Faut jeter les bobines, oui le film est fini,
du temps des gabardines, faut laisser ton boulot
pour d’autres ouvrières, pour d’autres solidaires,
dans d’autres fourmilières, à d’autres couturières.
Y a des œillets perdus, pendants aux boutonnières,
quand les points de couture, tournent au point de suture.

En ligne les brodeuses, c’est le temps des chômeuses,
c’est l’heure de rendre la blouse, de tremper les mouchoirs.
Habillez les jupons, sûr en fichu des pailles,
puisque tous les patrons, nous laissent sur la paille.

Ma petite couturière, elle est pas haute couture,
elle est prête à porter, le monde à bout de bras.
Ma petite couturière, elle connaît les mesures,
de mon cœur éperdu, là, dans la fourmilière.

Fini le temps des cerises, des écharpes pour deux,
dire que même à l’usine, il faudra dire adieu.
Merci bien mon bon maître, merci bien mon monsieur,
de m’en donner toujours de quoi pisser par les yeux.
Ils ne parlent pas pour nous, ils nous vendent l’âme et c’est tout,
ils sont bons qu’à promettre, et nous bons qu’à nous faire mettre.

Ouais l’aiguille s’est plantée, dans le cœur des copines,
jetez les dès à coudre, l’avenir s’est cassé.
Les lacets à nos cœurs, les chaînes à nos chevilles,
fini les fleurs en bouton, planquées dans les bustiers.

Ma petite couturière, elle est pas haute couture,
mais faut voir quand elle coud des ourlés à mon cœur.
Ma petite couturière, elle connaît les mesures,
de mon cœur éperdu, là, dans la fourmilière.
De mon cœur éperdu, là, dans la fourmilière.

Ma petite couturière
Ma petite couturière
Ma petite couturière
Ma petite couturière
Ma petite, ma petite,
Ma petite couturière !

Ouvriers, l’ombre est le cœur de nos vies qu’on a laissées saigner dans le fond des gouttières,
Toujours sur les avenues, les révolutionnaires tendent la main à des gens qui n’en pensent pas moins.
Toujours sur le métal hurlant des machines, à l’usine elle retourne au charbon
Elle retourne à la mine ma jolie figurine, elle rassemble et ressert les boulons.
Elle est pas haute couture, elle est prête à porter le monde à bout de bras.
Ma petite ouvrière, là, dans la fourmilière, elle retourne à la lutte.

Puisque tout tourne ici :
oui, oui, à la folie !
Puisque tout tourne ici :
oui, oui, à la folie,
oui, oui, oui, à la folie, à la folie,
oui, oui, oui, à la folie, à la folie…
Dans le suppôt bourgeois, si c’est plutôt Versailles,
qui fait la rébellion, rock’n’roll de grand-mère,
ouais, si c’est pas l’époque, où rêvent des camarades,
Ô solidaire ami, si c’est pas la tendance,
si l’époque est fashion, tous les soirs au charbon,
quand ça sent la misère, moi c’est vrai que j’préfère
toujours sur la machine, ma petite couturière,
elle ressert les boulons.
Dire qu’on en vient à r’gretter, le travail à la chaîne,
pour des pays plus chauds, pour des pays moins chers,
pour des pays plus beaux

Ouvrière s’est perdue, cherche reconversion,
le patron a fermé, tous les champs de coton !
Le patron a fermé, tous les champs de coton !
Le patron, le patron, le patron.
Ouais eh eh eh eh…

.chromo-oiseau-couronnc3a9-ana-rosa1Dans le cadre du rendez-vous « Le jeudi poésie » d’Asphodèle

D’autres poèmes chez Asphodèle, Nélinha, Valentyne, Marie et Anne, Natiora, Lili, Béné31, Jacou33, Soène, Dan Gazénia, Jean-Charles, Modrone, LylouAnne, Aymeline, Domi,

Atelier de couture chez la maison Drecoll
par Brindeau de Jarny
Source « ici »

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Papa pique et maman coud

Couturière

Papa pique, maman coud
Une chanson de Charles Trenet

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Je suis né dans un village près du ciel plein d’oiseaux.
Je suis l’enfant le plus sage de Padie-les-Eaux.
Mes parents sont culottiers, et la nuit, et le jour,
Ils font leur triste métier, le cœur plein d’amour

Refrain :
Papa pique et maman coud,
Papa pique et maman coud,
Papa pique, maman coud,
Papa pique et maman coud.

La nuit j’entends leur machine qui gémit au grenier,
Comme le vent chez la voisine pleure dans l’escalier.
Parfois au milieu d’un rêve, je m’réveille en sursaut.
Je vois le jour qui se lève, tandis que là-haut, papa pique et maman coud.

C’est l’printemps et c’est ma fête.
J’ai quinze ans, quel bonheur !
Et les fill’s à bicyclette emportent mon cœur.
J’en connais une très jolie qui s’appelle Louison,
Je la vois dans la prairie, car à la maison…

Un matin clair de décembre, tous les deux on s’mariait
Et le soir dans notre chambre, ma femme riait.
Nous allions bientôt connaître le bonheur cette nuit,
Quand soudain à la fenêtre
On entend un bruit…

Hélas, j’ai perdu ma mère, elle est morte doucement.
Peu de temps après mon père a suivi maman.
Et Louison s’en est allée avec un hors-la-loi.
Et dans la maison hantée, tout comme autrefois…

Y a papa qui pique
Et y a maman qui coud
Y a papa qui pique
Et y a maman qui coud.
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Dans le cadre du rendez-vous « Le jeudi poésie » d’Asphodèle

D’autres billets chez Asphodèle, Lili, Béné 31, Valentyne, Marie et Anne Soène, Nélinha, Jacou, LylouAnne, DanGazénia, DimDamDom

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File la laine, file les jours

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File la laine
Chanson de Jacques Douai
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Dans la chanson de nos pères
Monsieur de Malbrough est mort
Si c’était un pauvre hère
On n’en dirait rien encore
Mais la dame à sa fenêtre
Pleurant sur son triste sort
Dans mille ans, deux mille peut-être
Se désolera encore.

Refrain :
File la laine, filent les jours

Garde ma peine et mon amour
Livre d’images des rêves lourds
Ouvre la page à l’éternel retour.

Hennins aux rubans de soie
Chansons bleues des troubadours
Regrets des festins de joie
Ou fleurs du jolie tambour
Dans la grande cheminée
S’éteint le feu du bonheur
Car la dame abandonnée
Ne retrouvera son cœur.

Croisés des grandes batailles
Sachez vos lances manier
Ajustez cottes de mailles
Armures et boucliers
Si l’ennemi vous assaille
Gardez-vous de trépasser
Car derrière vos murailles
On attend sans se lasser.

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Dans le cadre du rendez-vous « Le jeudi poésie » d’Asphodèle

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Tapisserie d’Aubusson contemporaine

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